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" L'art n'était plus un objet de connaissance mais devenait un produit financier... J'avais choisi la ligne oblique, la bifurcation, l'écart...Il fallait donc que je reste intègre avec moi-même et que je sois moi-aussi à l'écart de ce nouveau monde de l'art qui se mettait en place. Je refusais d'y participer ".
En 2003, il créé au Conservatoire National de Région de Lille : « Le Marteau Double » pour 11 musiciens et ordinateur et également « 9/11 - Ground Zero » pour ordinateur, quatuor à cordes et Vidéo art, en mémoire aux victimes de la catastrophe du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. (Attaque terroriste du World Trade Center) Il présente également son « Quatuor N°3 » pour électronique et quatuor à cordes.
« Les musiciens jouent en temps réel, ils amènent leur part de poésie à cet univers musical informatique. 2 temps se côtoient, celui de l’ordinateur, de la machine, qui est un temps différé un peu comme celui d’une bande magnétique et celui des musiciens : le temps réel.

J’étais connecté à l’internet depuis 1994 et je me  rendais bien compte que 2 mondes là aussi se côtoyaient : l’un virtuel et l’autre réel, et que cela ne serait pas sans conséquence dans le futur. Si l’internet avait  aboli l’espace et le temps, ce  monde virtuel n’était pas aussi virtuel que cela.  La coexistence de ces 2 mondes ou de ces 2 temps allait bouleverser nos vies. Dans un futur proche nous serions tous soumis au temps de l’ordinateur et à tout ce qu’il pourrait véhiculer, en bien ou en mal comme l’entropie, c’est à dire une désorganisation sociétale totale, contrôlée par de nouvelles puissances. »

Les plates-formes numériques apparaissaient. Les Big Data se mettaient en place pour surveiller nos vies. Non seulement nous ne faisions plus partie de l’histoire, mais aussi, une nouvelle économie  agressive se mettait en marche, ainsi que le contrôle sociétal.
 
Le "Marteau Double" commence avec le son d’un piano numérique, un sol joué régulièrement, « machiniquement » par l’ordinateur. Il s’agit d’un temps différé.  Ensuite ce piano numérique est rejoint par un piano réel joué par un pianiste, avec des accents :
il s’agit du temps réel de l’homme. »

En 2004 Patrick Dorobisz participe au 60 x 60 Project de Robert Voisley aux Etats-Unis - projection vidéo et design sonore, il présente « Dephasing Silence ».
En 2005 Patrick Dorobisz crée « Le temps libéré » pour images numériques et musique pour ordinateur avec des opérations de hasard calculées par des suites algorithmiques.
En 2008, il compose « Extended Games » pour violoncelle et ordinateur : interprétation Jean-Michel Moulin (violoncelliste soliste à l'orchestre national de Lille - ONL)
En 2009, à la demande de Jacques Merrer (Clarinettiste à l’orchestre national de Lille )Il compose « Muziek Voor Twee Klarinetten en Computer »

IL commence un cycle de pièces pour piano qui seront jouées par son épouse. « Seven», « Rebel », « Autoroute », UWM…etc.

En 2010 Aiko Miyamoto, marimbiste à l’ONL, enregistre sa pièce « Le Gai Savoir », pour 4 marimbas.
En 2011, Patrick Dorobisz sort son double CD « Sneeuw » ainsi que son CD pour piano :
« Couleurs et Lumière ».
En 2013, il compose « Dominante Six », pour 6 flûtes.
En 2015 il réalise un  CD de poésie sonore avec ses textes.
En 2019 il remonte sur scène pour la première fois depuis 1974, et joue ses morceaux de musique répétitive pour guitare électrique.

Parallèlement à son activité de compositeur, Patrick Dorobisz continue de peindre, ses derniers travaux sont des toiles libres, des dessins et des installations.

« J’ai toujours besoin avant d’écrire une nouvelle œuvre musicale, de peindre, de composer des images, des formes, de faire des photos, de faire de la vidéo, d’écrire des textes ».
Lorsque je compose, j’ai toujours en tête la composition picturale d’un de mes dessins ou d’une toile. Toute ma musique prend ses racines dans ce que je fais en art, que ce soit la réflexion conceptuelle ou l’organisation picturale ou plastique. »

Tantôt minimaliste, répétitive ou électro-acoustique, l’œuvre de Patrick Dorobisz est multiple, protéiforme, plastique, conceptuelle depuis ses premières expériences électroniques, jusqu’à ses quatuors a cordes.
Elle ne laisse jamais indifférent  l’auditeur ou le spectateur.
Artiste singulier, atypique, transdisciplinaire avant la lettre, Patrick Dorobisz ne cesse de chercher et de nous proposer à travers ses oeuvres une lecture du monde, une analyse sociétale pertinente.
Patrick Dorobisz s’est créé un langage musical qui puise ses sources dans la composition picturale, l'architecture, l’art, et nous donne à entendre sa lecture du monde, son miroir.
  
« C’est une pièce très lente avec des transformations électroniques, un peu comme s’il fallait " ralentir le temps ". Comme dans ma pièce « médita ».  Dès cette année là, on pouvait se rendre compte que l’accélération technologique allait vraiment changer notre civilisation, et que nous étions véritablement à l’aube d’un changement radical de nos sociétés. »
En 2013 mon épouse Veronika la jouera dans sa version théâtrale
et société de spectacles.

  
En 1997 Patrick Dorobisz  crée, en Corée du Sud,  « Autres directions » pour clarinette, piano et modélisation physique (création Computer Music Festival de Seoul)

La même année il présente à Berlin : « Geometria », (computer music) dans le cadre du festival :  « The Sound of Israel ».
En 1998 il est sélectionné aux Etats-Unis pour jouer sa pièce : « 3+11 » pour 3 instruments européens dont un synthétiseur, et 11 instruments extra-européens.  (création : International Computer Music Conference - Ann Arbor - Michigan )
Il crée également son « Colorfield » pour quatuor à cordes et électronique.
En 1999, il compose « XXL around G#3 », pour piano et ordinateur.

Sans titre - 30 cm x 37 cm - 1997 - Tirage sur Papier vernis 350 gr     @ Patrick Dorobisz 1997

« Ce qui m’intéresse c’est de travailler la photo comme ma musique ou mon écriture littéraire : court-circuiter le réel avec les nouvelles technologies. Et comme je fais partie de la dernière génération des mecs des beaux-arts, qui ont encore eu une éducation artistique classique, étude documentaire, antiques, dessin, fusain, le nu reste mon sujet de prédilection ».

La même année (1987), il fera une vidéo art avec sa pièce : « Les Échos Du Silence », pour voix et ordinateur (commande GMEB), et obtiendra un prix international au festival de Santiago du Chili. Il compose également « L’autre Rive » une pièce totalement créée et gérée par l’ordinateur. Celle-ci est composée de 5 sections : Liminaire, Péripétie I, Péripétie II, Péripétie III et Luminis. Cette pièce sera jouée à L’Institut Karl Marx de Lille-Hellemmes.

En 1988, Il compose « Alice de l’autre côté du miroir », musique pour ordinateur et 4 DX 7 Yamaha, à la demande du conservatoire National de Région de Lille.

« Cette pièce, totalement gérée par l’ordinateur sur scène, a été donnée en création à l’opéra de Lille, avec la classe de danse contemporaine du CNR de Lille. C’est une musique de ballet. »

Parallèlement il compose également un album de Rock : « Lithuanian Totem » et joue tous les instruments. Il produit un CD.

« Je suis né avec l’électricité sur les guitares et j’ai découvert le haut parleur de puissance à la fête foraine ! Je suis toujours un peu nostalgique de mes années de rocker ! Sans mes morceaux de musique répétitive pour guitare électrique des années 70, je n’aurai pas fait ce que j’ai fait. Lorsque j’entends Deep Purple ou Led Zeppelin, je ne peux pas rester indifférent ! »


Dans les années 90, que l’on peut qualifier de 2ème période, Patrick Dorobisz écrit plusieurs œuvres pour orchestre, dont sa première symphonie : « Symphonie N°1 », « 83 » « Narvik » « Géométral T » et « Treblinka".

Il écrit également de la musique de chambre : "Le serpent d'or " (contrepoint pour 4 violoncelles), Quatuor N°2, Sonate pour violon, pour clarinette...etc. »

En 1995, il utilise la modélisation physique des sons acoustiques qu'il mixe avec l'écriture instrumentale classique. Il travaille également le digital painting, la vidéo Art, la photo numérique et écrit.

« Depuis mes premières toiles dans les années 70, mes installations où j’emprisonnais le vide dans mes structures en bois, mes expositions dans le noir ou encore mes bandes obliques, j’étais arrivé au bout de ma démarche artistique. J’avais ramené la peinture et l’art à son degré zéro. J’étais face à l’impossible de l’art et ma seule solution pour continuer, était le son électronique pour exprimer ma pensée. J’avais également évacué le monde instrumental de ma musique. Par ailleurs, l’art s’était tourné vers la financiarisation, je n’avais plus rien à voir avec lui. J’ai donc tout arrêté et je me suis retiré des expositions.

10 ans plus tard je reprendrai ma peinture mais comme à mes débuts, c'est-à-dire l’abstraction géométrique et en utilisant l’ordinateur. Comme objet/signe numérique, et comme possibilité d’une autre vision du monde. »

Petit à petit Patrick Dorobisz délaisse le champ des arts plastiques et marquera son retrait du monde de l’art avec sa performance, en 1987 : « Dérive contre piano. » Destruction sur scène d’un piano droit codé graphiquement, avec ses bandes obliques, à la hache et à la scie circulaire. (Il est accompagné par le groupe de musique expérimentale MU : Jean-Michel Monchecourt et Michel Dutouquet).

"Je me suis toujours inspiré de mes compositions picturales, mes abstractions géométriques, pour composer ma musique."

L'Institut de Psychoacoustique et de Musique Électronique de Gand était équipé du plus gros synthétiseur du monde : Le Synthi 100 de chez EMS. J’ai donc pu travailler avec cet outil qui était hybride, à la fois analogique et digital. Je mélangeais les matériaux sonores que j’obtenais avec le synthi 100 aux matériaux purement numériques du DX7 et de sa synthèse FM.

Lucien Goethals, compositer et directeur de L'IPEM Lucien Goethals, Patrick Dorobisz, José Berghmans (compositeur). Lors de la création de la Symphonie des Machines en 1985

Très préoccupé par les questions sociétales, et engagé au sein du parti communiste, il voit avec les machines qu’il utilise depuis les années 70, une ère nouvelle s’ouvrir et un changement radical de société. Avec ses œuvres musicales, il tente de porter le message de l’automatisation et de la robotisation, qui jusqu’aux années 90 ne seront jouées qu’exclusivement qu’avec l’ordinateur.

« Comme de nombreux artistes de l’époque, j’étais engagé au sein du Pcf. Lors des réunions chacun participait aux différents débats et donnait sa vision de la société. Pour ma part j’essayais de faire prendre conscience, de ce que je constatais, en utilisant mes nouveaux outils pour faire de la musique. Si j’étais capable de créer une nouvelle musique en n’utilisant que des machines, c’est qu’il y avait bien quelque chose de nouveau qui se profilait ! Je n’employais plus de musiciens et pourtant je faisais de la musique…

Cela voulait bien dire quelque chose ! Notre monde allait radicalement changer, et il fallait s’y préparer ».

La même année (1983) Patrick Dorobisz est admis à l'Institut de Psychoacoustique et de Musique Électronique de Gand - IPEM (Belgique) et travaillera sous la direction du compositeur Lucien Goethals, directeur du de l'Institut et du compositeur José Berghmans.

« J’avais tenté de rejoindre des centres de création musicale Français, mais à chaque fois on me disait que ma musique n’était pas de la musique. Je suis donc allé voir en Belgique et là on m’a dit que ma musique était de la musique…La musique répétitive n’était pas en odeur de sainteté en France… »

C’est au sein de l’IPEM, en 1984, qu’il créera « Le Gai Savoir » pour 4 Marimbas et la forme définitive de « L'orphéon de Jade ». Deux oeuvres de musique répétitive gérées par ordinateur en utilisant le système MIDI. Les matériaux sonores sont issus de la synthèse par modulation de fréquences (synthèse FM).

La même année, à la demande de Jean Colin, rédacteur en chef de la radio : Radio France Fréquence Nord et d’Alain Leroy directeur des programmes de la Station, (aujourd'hui France Bleu Nord) il réalise l’habillage sonore de la chaîne et compose de nombreux indicatifs.

« C’était un excellent exercice ! Pour moi qui était habitué à la musique qu’on qualifie de sérieuse… »


En 1985, à la demande de Jean-Marie Réquillart qui dirigeait la société Document Services (imprimerie) à Lille et qui a impulsé le mécénat d'entreprise, il compose « La symphonie des machines » : musique electroacoustique pour ordinateur ou computer music qui comprend trois mouvements : « Aria, Akhitektonika, Souprematika ». Cette fois la musique explore non plus le champ du temps, ou des décalages rythmiques mais celui des couleurs, des textures, des matières sonores. « Souprematika » est gérée en temps réel par l'ordinateur et prend ses racines compositionnelles dans la peinture suprématiste de Kazimir Malévitch.

Les 2 autres mouvements « Aria et Akhitektonika », dont les matériaux sonores proviennent de la société Documents services, l'imprimerie, ces 2 mouvements sont écrits pour des échantillonneurs et sont diffusés en quadriphonie. C’est avec le 3 ème mouvement "Souprematika" que Patrick Dorobisz obtiendra le 2ème prix international de musique électro-acoustique de Bourges en 1986. (242 compositeurs et 36 pays représentés).

« En Belgique et pour des musiques créées exclusivement par ordinateur, nous employions le terme de Computer Music qui nous semblait plus approprié que le terme d’electroacoustique, si toutefois nous utilisions des sons naturels ou concrets, dans ce cas nous utilisions le terme d’electroacoustique ». C'était une époque où nous parlions encore de musique électronique ou de musique concrète

La norme Midi : Musical Instrument Digital Interface, est un protocole de communication entre les instruments numériques. On était encore à la préhistoire de l’informatique musicale et peu de personnes maîtrisaient les messages systèmes ou les sysex, ou savaient programmer un synthétiseur DX7 Yamaha. (synthèse modulation de fréquence)
Après avoir longuement cherché et avec l’aide d’un ingénieur de chez Yamaha Japon, je pouvais écrire en micro tonalité ou intervenir en temps réel sur les matériaux sonores. Couplé à mes synthétiseurs  DX 7, il devenait une bête de course. Depuis cette époque, j’ai suivi  toutes les évolutions technologiques concernant l’informatique musicale, et mon studio s’est informatisé ».
« C’était le premier ordinateur grand public, bien avant l’Atari, qui était vraiment destiné à la musique. Il permettait de piloter jusqu’à 16 synthétiseurs avec sa fameuse norme Midi.
  
En 1982, Patrick Dorobisz conçoit une console de mixage qui permet de spatialiser le son sur un orchestre de 16 haut-parleurs. Le paramètre spatial vient s'ajouter aux autres paramètres de la musique. Une installation sonore et  un concert ont lieu  à Faches-Thumesnil, un second, Place Rihour  à Lille.

« En 1976/77, j’étais très intéressé par la démarche de François Bayle qui présentait sa musique sur un acousmonium. Comme il ne m’était pas possible d’avoir accès à cet orchestre de haut-parleurs, j’en ai fait un…et j'ai présenté des oeuvres comme
" Pulvérisations ", " Train" ou " Par delà le bien et le mal "  lors d'un ou deux concerts à faches-thumesnil en 1983.
C’était une époque où j’étais aussi préoccupé par les ravages des  grosses industries sur le miroir du monde, la nature. Aussi  j’ai diffusé sur l’acousmonium des sons  naturels de la campagne et des bruits d’oiseaux, qui venaient se mixer à des sons électroniques. J’ai fait cette performance  dans le centre ville de Lille.  »

Durant toutes ces années, et depuis ses premiers morceaux de musique répétitive pour guitare électrique, il posera les fondements de sa musique pulsée régulièrement. L’aboutissement sera sa pièce « L’orphéon de Jade » pour un nombre indéterminé de musiciens, d’instruments,  ou pour ordinateur…Cette pièce sera réinterprétée par son épouse en  2009, qui utilisera 4 pianos dont un qui sera préparé.

« On peut dire que « L’orpheon de Jade » est l’aboutissement de toutes mes recherches depuis mes premiers morceaux de musique répétitive, pour guitare électrique.Je n’ai utilisé que 11 notes réparties en 2 groupes pour créer la gamme ancestrale pentatonique qui se renouvelle sans cesse. Lorsque j’étais enfant, mon grand-père Lithuanien m’avait fabriqué un Kankles, (instrument à cordes de Lithuanie, une sorte de cithare qui est accordée en pentatonique). J’étais fasciné par cet instrument, et je me disais qu’on pouvait en faire des musiques avec juste  5 notes ! Ça me changeait de mes cours de solfège, des 12 sons et de mon piano, même s’il y avait 88 touches ! »

En 1983, Patrick Dorobisz utilise le premier ordinateur Cx 5m Yamaha et se sert du système MIDI pour gérer la musique. C'est avec cet ordinateur, qu'il reprendra le concept des décalages ou déphasages rythmiques qu’il a expérimenté dans les années 70, et travaillera le son de synthèse (modulation de fréquence) en temps réel.
  
Toutes les œuvres de Patrick Dorobisz, qu’elles soient du domaine des arts plastiques ou du domaine de la musique, sont empreintes de textes philosophiques, sociologiques, politiques,anthropologiques…etc.

En 1977 il présente une installation sonore et vidéo au Festival d'Avignon : Lumière entre Ordre et Vertige.
En 1981, il présente un plancher sonore à la Maison des arts André Malraux de Créteil, sous la direction artistique d’Alin Avila. La même année, Patrick Dorobisz fait une exposition personnelle, musique et peinture, à la galerie Weber à Mannheim (Allemagne) : l'essayiste et critique d'art Siegfried Einstein présente son travail.

En 1982, dans les rues piétonnes de Lille, il réalise un happening et une installation sonore avec la Radio Fréquence Nord : Art et boite de conserve !
L'art n'est pas une marchandise
« Ce qui m’intéresse dans l’écriture poétique c’est le mot comme activité de la pensée et non pas sa trace, sa matérialité. C’est la sensation de la pensée un peu comme le carré blanc sur fond blanc ou mes musiques silencieuses… »
« Je fais croiser des images, une narration très courte pour créer des collisions entre  le réel et le virtuel de la pensée. Je suis  très intéressé par l’ivresse que procure la pensée philosophique car c’est la méditation qui prend le relais, comme dans la musique répétitive. Le temps s'absente et c'est la répétition des mots des phrases qui vont engendrer ce renouvellement de l'instant présent.»
« C'est une anti-forme, pour déroger encore plus à la peinture et à son code binaire que sont l’horizontale et la verticale comme disait G.Deleuze.
Il ne permet pas de ramener  la peinture à son stade décoratif…Mais aussi pour signifier que notre monde  va changer radicalement dans les années à venir, avec l’arrivée de l’ordinateur et de technologies que nous  ne pouvons pas encore imaginer ».

C’est aussi un symbole international qui signifie qu’il y danger…Il est toujours d’actualité…Je peux dire que ce que je fais n’est pas grand chose… Comme dirait Jankelevitch « C’est presque rien »…C’est un « je ne sais quoi… Mais aussi, l’anonymat de cette forme ou anti-forme, permettait à quiconque de s’en emparer et de réconcilier l’art et la vie, au même titre que les théories des peintres de l’avant-garde Russe.
« Alors bien entendu, il y a une corrélation entre mes bandes obliques et mon écriture musicale répétitive. La lecture d’un contrepoint passe par la verticale (Harmonie) et l’horizontale (mélodie et rythme.) En écourtant ou en allongeant certaines notes, en décalant, ou encore en changeant la signature rythmique d’un groupe de mesures superposé à d’autres, mon harmonie qui était verticale devenait oblique. »

Il produit plusieurs œuvres musicales électroniques expérimentales :« Electro1 - Electro 2 - 32 sons - Fréquence – Una - Ging Klang ». Ces oeuvres viennent s’inscrire dans son travail pictural, ses installations sonores, et sont créées lors d'expositions de peinture.
Influencé par le Nouveau roman et l’avant-garde littéraire, Il commence à écrire ses premiers textes, fait des recherches sur le son des mots, des lettres et écrit ses premières poésies.
CD : Patrick Dorobisz - Experimental music 1973

« J’ai fait de la musique répétitive  car j’avais écouté un 33 tours de  Terry Riley : « Poppy no good » qui m’avait bien plus. J’aimais bien cette démarche d’esprit sur le temps. Et je m’étais dit que je pouvais avec ma guitare chercher dans ce sens comme certains groupes allemands de l'époque…Par ailleurs en introduisant l’aléatoire mécanique des magnétophones car il était très difficille de synchroniser plusieurs magnétophones, mes boucles se décalaient, je trouvais que c'était intéressant. Ca me changeait d'une harmonie stricte et verticale. Mon harmonie devenait oblique... Ce n'était pas autoritaire comme musique.
J’avais déjà des penchants libertaires !!!
Ce qui m’intéresse dans la musique répétitive c'est le renouvellement du temps, de l'instant présent,son rythme, son énergie, que je trouve être en phase avec nos sociétés contemporaines mais je partageais aussi ce choix avec mes premières expériences de musique électroacoustique, dans laquelle je trouvais la vérité du son. Il n'y a pas d'identification au réel avec l'éléctroacoustique, pas d'imitation. C'est le son pour le son. Je trouvais que le son électronique était une nouvelle peinture du temps, sa réalité. »

En 1976 et sous la direction de son professeur Jean-Claude Chevalier, il obtient avec succès son Diplôme National des Beaux-Arts et devient professeur d’arts plastiques en Lycée. Il le restera durant 42 ans en menant de front sa carrière de compositeur et d’artiste.

Lorsqu'il est étudiant aux  Beaux-Arts, il commence ses premières compositions de musique électronique répétitive aléatoire, et réalise des installations sonores en utilisant les moyens électroniques analogiques de l’époque : magnétophones, générateurs, filtres, synthétiseurs  EMS - ARP…etc.
Il radicalise sa peinture géométrique et se tourne vers le minimal art et l’art conceptuel.Ses non-objets, ses toiles noires où ses structures occupent l'espace et c'est au sein de celui-ci qu'il diffuse sa musique électronique.

« C’était en fait des installations sensorielles dans des pièces noires où je mettais en scène le vide… Je travaillais avec des projecteurs de lumière électrique. J’exposais aussi dans le noir….  Je voulais faire sortir le tableau de son cadre et de  sa surface plane. Le son électronique était devenu ma peinture.»

La transversalité des arts est au  cœur de sa démarche artistique. Patrick Dorobisz fait partie de la 1ère génération d’artistes de l’art contemporain qui ne cesse d’élargir les frontières de l’art.

« Nous étions à cette époque obligés d’employer  le terme d’art contemporain pour bien se démarquer de la vieille peinture, de l’art moderne et de l’école de Paris. Aujourd’hui, bien entendu, ce terme d’art contemporain ne veut plus rien dire… »

En 1977, il élabore son code visuel avec ses bandes obliques, inspiré par son harmonie musicale oblique, déphasée.
Patrick Dorobisz-Kondracki est un compositeur et un artiste plasticien Français, dont la démarche artistique s’inscrit dans l’interdisciplinarité et les nouvelles technologies.
Il est lié aux mouvements de l'abstraction géométrique, du minimal art et de l'art conceptuel

Il est né le 25 mai 1955 dans une petite ville du Nord de la France, d’un père Polonais et d’une mère Lithuanienne.Il vit à Lille avec son épouse, la pianiste Belge Néerlandophone Veronika Dorobisz-Vanhoucke.

- En 1975 il est nommé professeur d’arts plastiques à l’Éducation Nationale.
- En 1976 il obtient son diplôme national des Beaux-Arts.
- En 1983 il est admis à l’Institut de Psychoacoustique et de Musique Électronique de Gand en Belgique.
- Il travaillera sous la direction des compositeurs : Lucien Goethals et José Berghmans.
- En 1985 il obtient le prix international de musique électro-acoustique au festival de Bourges. (242 compositeurs    et 36 pays représentés)
- En 1987 il obtient à Santiago du Chili, un prix international pour sa vidéo art : «Les Échos Du Silence».

Il est l’auteur de nombreuses pièces pour solistes, musique de chambre, orchestre où il mixe écriture instrumentale et nouvelles technologies. Parallèlement Il poursuit une carrière d’artiste plasticien.

Aux début des années 70 Patrick Dorobisz développe une démarche artistique Musique et peinture  qui prend ses sources dans la musique répétitive, l’électroacoustique et l’art.

« Je ne suis pas du genre à me modeler sur des idées que je trouve autocratiques, au nom d’une modernité contemporaine que je trouve obsolète, surtout en ce qui concerne la création musicale. Il ne m'est pas possible de composer à la manière de...pour correspondre à une certaine idée de ce que doit être la musique contemporaine pour fabriquer une Europe Culturelle avant celle des banques.

L’homogénéisation du monde, sa globalisation, a eu pour conséquence d’uniformiser la musique contemporaine et l’art. Depuis toujours je m’en suis tenu à l’écart. J’ai choisi les bifurcations, voire les contresens.

Ma démarche musicale et artistique est avant tout philosophique et politique, même si le monde a changé d’orientation, et que la pensée critique n’en fait plus partie.
Je n’écris pas pour écrire de la musique,  je ne fais pas de l’art pour l’art, ou pour répondre à une commande, j’écris ou je fais, pour dire quelque chose ».

À l’âge de 7 ans Patrick Dorobisz étudie la musique, la poésie en langue Polonaise, le dessin, la peinture et baigne dans la culture Slave, Balte et Française.

Au début des années 70 Patrick Dorobisz est étudiant à l’académie des Beaux-arts de Valenciennes et de Cambrai.
Il est également guitariste dans le groupe de rock progressif Johns-Omintone. Ce groupe se produit dans divers festivals, dans divers clubs réputés à Paris : le Gibus Club, à la maison de la radio avec José Arthur, remporte le prix du golf Drouot…etc.
En 1973, après que ce groupe ait cessé ses activités, il compose plusieurs morceaux de musique répétitive pour guitare électrique.
"J'ai toujours été partagé entre ma musique répétitive,
ma musique électroacoustique, l'art et la poésie."
J'ai grandi n'est-ce pas ??? ma petite soeur est une King Charles. Elle s'appelle Onyx mais elle est jalouse quand je fais des bisous à mon Papa...
J'ai 4 ans et je mesure 70 cm au garot et pèse un petit 40 kg...maintenant les ours blancs ne me font plus peur...
Avec 2 copains on a une technique d'attaque spéciale....J'ai un ancêtre loup blanc canadien, un malamute de sibérie et je suis inscrit  au livre des origines Polonaises.

Lorsque qu'on se promène mon papa et moi dans les rues de lille et que quelqu'un a de mauvaises intentions, je l'avertis en grognant  et je monte aussi la garde farouchement à la maison.

La dernière fois j'ai rigolé, car une femme voulait me caresser croyant que j'étais une peluche, je n'aime pas ca, j'ai aboyé et elle a eu peur et j'ai aussi rigolé car mon papa lui a dit " vous aimeriez que je vous mette la main au cul ? Non ? et bien lui n'aime pas non plus..." elle est partie...
il est terrible mon Papa, lisez sa biographie
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Patrick Dorobisz